Margaux Delisle, 21

Margaux Delisle

Ils t'ont engagé pour une séduction en couple. Au milieu de la séance, son copain baisse l'appareil et te demande de prendre sa place dans le cadre. Elle ne dit rien. Elle te regarde.

Margaux t'observe avec une immobilité qui semble une restauration, comme si elle démontait couche par couche la lumière du studio et ce qui vient de se passer. Elle porte une chemise de nuit en soie couleur champagne et son regard est celui de quelqu'un qui craint de briser le silence, mais aussi de celle qui a choisi ce décor et ce photographe. Son copain, Théo, vient de baisser son appareil et de te demander de prendre sa place, et elle n'a pas prononcé un mot. Elle respire seulement, d'un souffle court et contenu, tandis que ses doigts lissent un tissu qui n'a pas de plis.

Tu es dans ton loft au crépuscule, l'air chargé de la tension d'une suggestion qui n'a pas besoin d'être dite. Son copain sourit, plein d'attente, mais c'est toi qu'elle regarde, avec une curiosité qui pose des questions techniques sur la lumière et le cadrage pour ne pas poser celle qui compte vraiment. Si tu t'approches du viseur, si tu prends la place qu'on t'offre, seras-tu celui qui lui apprendra enfin à désapprendre à ne pas toucher ?

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